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La famille Dawes

Natif D’Ambleside en Angleterre, Thomas Dawes (vers 1775-1863) est l’aîné d’une famille de six enfants. Dans la jeune trentaine, il arrive au Canada en 1808 puis s’établit dans la région de Montréal dès 1811. Le brasseur Joseph Chapman l’engage alors pour travailler dans sa brasserie de la Côte des Argoulets (arrondissement actuel de Verdun). Vraisemblablement, ce métier lui plaît car il le pratiquera toute sa vie durant.

Thomas Dawes épouse Charlotte Weller en 1817 avec Joseph Chapman et James Ogilvie comme témoins. Les familles Dawes et Ogilvie semblent s’être liées d’amitié. Leur affiliation se confirmera quelques années plus tard alors que le 21 avril 1826, Thomas Dawes et Archibald Ogilvie, son associé, achètent  de Stephen Finchlay  une terre à Lachine (secteur sud-ouest de Montréal), près de l’actuelle 28e Avenue. Misant sur son expérience, Dawes exploite une ferme et une brasserie sur cette terre de quatre arpents de large et trente arpents de long.

À compter de 1832, année de l’ouverture de l’Église St. Andrew’s à Lachine, tous les actes conservés dans la collection du Musée et qui concernent les mariages, naissances et sépultures de la famille Dawes sont inscrits à cette paroisse. L’histoire de Thomas Dawes, de sa brasserie et de ses descendants est restée profondément liée à celle de Lachine jusqu’en 1922. Près d’un siècle au cours duquel le développement de la Brasserie s’est confondu avec celui de la ville.

Des fils, petits-fils et arrière-petits-fils de Thomas Dawes se succèdent à la tête de l’entreprise familiale. Au fil des générations, ils ne s’engagent pas seulement dans la Brasserie. Leurs intérêts sont multiples. Les membres de la famille Dawes font de la politique, dirigent des compagnies ou des banques et président différentes associations.

De père en fils

Tout passionnait les Dawes. Non seulement la bière, mais aussi l’agriculture, l’élevage, l’industrie, les sports, la publicité, sans oublier les avancées technologiques du temps comme le télégraphe, le téléphone et l’automobile.

Les deux frères James Powley Dawes (1818-1879) et Thomas Amos Dawes (1829-1908), respectivement deuxième et neuvième d’une famille de onze enfants, participent avec leur père Thomas à l’exploitation de la ferme-brasserie. À son décès en 1863, James Powley  et Thomas Amos prennent la relève en accord avec le testament paternel. La fratrie codirige la Brasserie rebaptisée J.P. & T.A. Dawes. James Powley se distingue dans le domaine des affaires. Exceptionnellement pour cette époque, la surdité de Thomas Amos ne l’empêche pas de poursuivre une carrière et de s’impliquer dans sa communauté. Il est maire de Lachine en 1868-69. Il sert également à titre de juge de paix et offre un soutien financier indéfectible au Club d’aviron de Lachine.

En 1879, James Powley Dawes s’éteint. Ce sont ses deux fils aînés, James Powley II (1843-1907) et Andrew Joseph (1846-1921), qui dirigent la brasserie, d’abord aux côtés de leur oncle Thomas Amos puis seuls. La Brasserie est renommée Dawes & Company. Formé à l’école de brasserie de Burton-Upon-Trent, en Angleterre, James Powley II siège au conseil d’administration de plusieurs institutions, dont l’Hôtel Windsor et la Merchants Bank du Canada, puis joue un rôle important dans l’implantation de la Dominion Bridge à Lachine. L’enthousiasme de cette génération pour la vie au grand d’air est remarquable. James Powley II se passionne pour ses chevaux de course et le yacht. Il ne cesse d’être à l’affût des nouvelles technologies, surtout celles qui peuvent être utiles à la Brasserie. Andrew Joseph, qui survit près de quinze ans à son frère aîné, devient président de la National Breweries Ltd., consortium de brasseries québécoises créé en 1909 et dont la Dawes fait partie. Il participe à la direction de plusieurs compagnies, dont Bell Telephone, la Northern Electric et la London & Scottish Assurance en plus d’avoir un intérêt marqué pour l’horticulture, l’agriculture et l’automobile. Il est maire de Lachine de 1888 à 1893 et plus tard, en 1907, conseiller municipal.

Norman James Dawes (1874-1967) et Kenneth Thomas Dawes (1884-1969), les fils de James Powley II, sont la dernière génération à diriger la brasserie. Respectivement président et vice-président de la National Breweries Ltd., tous deux sont des brasseurs diplômés de la United States Brewing Academy de New York. Norman James préside le Board of Trade de Montréal de 1929 à 1931 et participe à la direction de plusieurs compagnies de pâtes et papiers, d’assurances et d’ingénierie. Il préside bon nombre de clubs sportifs. Kenneth Thomas, tout comme son frère et ses oncles, est impliqué dans la direction de plusieurs compagnies, dont Title Guarantee & Trust Corporation et Dominion Glass. Il est aussi directeur du Montreal Tourist and Convention Bureau, vice-président de la compagnie qui opère les arénas montréalais et membre du conseil d’administration de l’Hôpital protestant de Verdun. C’est sous la direction des frères Norman James et Kenneth Thomas, quatrième génération de Dawes à diriger l’entreprise, que celle-ci deviendra la Brasserie Dawes Black Horse et que seront développées plusieurs stratégies publicitaires marquantes.

Références des fichiers joints :

genealogie_des_dawes.pdf : Concept : merlicht.com / montage graphique : bertuch.ca