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Les caricaturistes au service de la Black Horse

Plusieurs caricaturistes ont contribué à dynamiser les publicités de la Black Horse. Leurs notes biographiques sont présentées ci-dessous par ordre d’importance dans la collection Dawes Black Horse du Musée.

Arthur George Racey (1870, Québec, Québec – 1941, Montréal, Québec)

Racey se découvre un talent pour la caricature alors qu’il étudie à l’Université McGill. Ses premières caricatures sont diffusées dans les journaux montréalais Witness, Le Canard et Grip. Il travaille pour le Montreal Star à partir de 1899 et y succède à Henri Julien pour devenir le principal caricaturiste en 1908. Il occupera son poste au Montreal Star jusqu’à son décès, en 1941. Racey dessine une série de caricatures intitulée « The Englishman in Canada ». De 1912 à 1913, il publie « What happened next », une bande dessinée souvent composée de six cases dont la dernière reste à compléter. Les jeunes lecteurs peuvent gagner un prix si leur proposition de contenu pour cette dernière case est retenue. Durant cette même période, Racey dessine une série de publicités pour la Irving Cigar Company de Montréal. À partir de 1927, il réalise une autre série publicitaire intitulée T’as pas ? pour le compte de la Dawes Black Horse Ale. Ces courtes annonces sous forme de bandes dessinées humoristiques vont paraître dans les périodiques La Patrie, Le Petit Journal, Le Samedi, Le Canard, Le Passe-Temps, La Revue Moderne et Mon Magazine. Un recueil de ces populaires bandes dessinées est publié avec les hommages de la Brasserie Dawes de Montréal. En 1930, la troisième édition compte 50 pages, reproduisant 24 de ces annonces comiques reliées en deux parties tête-bêche, l’une en français, l’autre en anglais sous le titre « D’j’ver ». Quelques-unes des caricatures dessinées par Arthur Racey ont été reproduites dans des quotidiens internationaux comme Life ou Le Monde.

Lou Skuce (1886, Ottawa, Ontario – 1951, Toronto, Ontario)

Skuce a travaillé comme caricaturiste dans plusieurs journaux et a été directeur artistique du Toronto Sunday World pendant 14 ans. Il a réalisé des caricatures, des illustrations et des bandes dessinées pour de nombreuses publications allant de la revue The Goblin au magazine Maclean’s. Entre 1927 et 1928, il travaille aux États-Unis où il signe des bandes dessinées pour des agences qui les distribuent à différents journaux et magazines. Il crée ainsi Cash and Carrie pour Bell Syndicate et Mary Ann Gay pour United Press Features. Il revient ensuite à Toronto puis, en 1931, il ouvre un studio sur la rue Bleury, à Montréal. Les bandes dessinées et caricatures de Lou Skuce ont alors déjà été publiées dans 121 journaux canadiens et américains ainsi qu’un journal japonais. Une annonce mentionne que les Lou Skuce Studios se spécialisent dans la publicité illustrée par la bande dessinée. Lou Skuce a été un des caricaturistes les plus fameux du Canada, connu, entre autres, pour ses caricatures sportives. Il a fait plusieurs apparitions publiques notamment dans des spectacles pour enfants. Grâce à son « Cartoonograph », Skuce projetait des agrandissements de ses dessins, ce qui permettait aux spectateurs de le voir exécuter son travail. Dans la collection du Musée, quelques sous-verres cartonnés sont illustrés de caricatures au style dynamique de Lou Skuce, mettant les percherons de la Black Horse bien en évidence.

John Collins (1917, Washington D. C., États-Unis – 2007, Lachine, Québec)

Collins immigre au Canada avec sa famille durant sa petite enfance. Il étudie à l’École des arts de l’Université Georges Williams (qui deviendra l’Université Concordia). C’est durant ses études, en 1937, qu’il vend sa première caricature au journal montréalais The Gazette. Deux ans plus tard, il en devient le premier caricaturiste officiel. Ses caricatures témoignent d’événements politiques, économiques et sociaux, comme la Seconde Guerre mondiale, qui ont marqué cette époque. Ses caricatures illustrent un point de vue anglo-canadien conservateur qu’il partage avec l’équipe éditoriale du journal. Son personnage de « Uno Who », vêtu d’un tonneau et d’un chapeau melon trop grand pour lui, personnifie le payeur de taxe moyen. Il apparaît fréquemment dans ses caricatures à partir des années 1940 jusqu’à la fin de sa carrière. Il quittera son poste à The Gazette en 1973. Il remporte à deux reprises le Prix national de journalisme en caricature politique éditoriale, en 1954 et 1973. Une bande dessinée couleur T’as pas ? porte sa signature.

Creig Flessel (1912, Huntington, États-Unis – 2008, Mill Valley, États-Unis)

Ce dessinateur a étudié au Grand Central Art School de Manhattan et gradué de la Alfred University en 1936. Il travaille d’abord en publicité à l’emploi de l’agence Johnstone et Cushing et dessine des annonces illustrées pour plusieurs grandes entreprises et marques dont General Foods, Raisin Bran et Eveready batteries. Il est surtout connu pour la réalisation de pages couvertures de recueils de bandes dessinées dont Detective Comics, à la fin des années 1930. Flessel a poursuivi une longue carrière en réalisant des publicités et des bandes dessinées. Il a aussi contribué à la revue Playboy en y publiant The Adventures of Baron Furstinbed dans les années 1960. Cet illustrateur et dessinateur américain a reçu le Comic-Con International Inkpot Award en 1991, une Équerre d'argent de la National Cartoonists Society en 1992 et le Sparky Award du Cartoon Art Museum en 1997, aux États-Unis. On peut se demander si Flessel a été invité de manière exceptionnelle à créer un T’as pas ? ou s’il s’agit plus simplement de l’utilisation, via une agence, d’une des bandes dessinées de Flessel par la Brasserie Black Horse.